Critique

La Main qui tue

Titre original : Idle Hands

IMDb 6.2 / 10
Allociné 3.0 / 5
Rotten T. 15%
Critique
Affiche de La Main qui tue

La Main qui tue

La Main qui tue, en 1999, prend Devon Sawa adolescent glandeur, Seth Green, Elden Henson, Jessica Alba et une main démoniaque autonome, puis mélange stoner comedy, gore de banlieue et metal avec une insouciance de veille d’apocalypse. Rodman Flender y dirige comme si le meilleur moyen de traiter la fin de siècle consistait à donner à la paresse masculine une extension meurtrière. J’approuve largement. Sawa y est exactement ce qu’il faut, Green apporte sa nervosité joyeuse, et le film ne cesse jamais de croire que la bêtise juvénile mérite aussi son surnaturel.

1999 est aussi l’année du bug de l’an 2000, des paniques absurdes et de l’impression que le monde entier est vaguement possédé par une mauvaise blague technologique. Idle Hands appartient pleinement à cet état mental. La menace n’y prend pas la forme noble du grand démon, mais celle d’un membre qui part tout seul en roue libre. C’est une très bonne métaphore d’époque : plus personne ne contrôle vraiment ses outils, pas même son propre corps. La comédie ne le sait peut-être pas, mais elle dit quelque chose.

Le film est idiot, oui, et cette idiotie est précisément sa politesse. Il ne prétend jamais métaphoriser mieux qu’il ne le fait. Il propose une main tueuse, de l’herbe, du lycée, des morts revenue et du rock. Cela suffit amplement à construire un monde. Beaucoup d’œuvres prétentieuses des années 1990 ont moins bien vieilli que cette paresse possédée.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

une prothèse de main de secours aurait été placée dans une glacière après avoir “tenté de signer seule les feuilles de présence du casting secondaire”.