Critique

Match retour

Titre original : Grudge Match

IMDb 6.4 / 10
Allociné 2.1 / 5
Rotten T. 31%
Critique
Affiche de Match retour

Match retour

Match retour, en 2013, prend Sylvester Stallone, Robert De Niro, Kevin Hart, Alan Arkin, Kim Basinger et Jon Bernthal, puis regarde deux vieux boxeurs se haïr assez longtemps pour qu’on ait le temps d’aimer leurs rides. Peter Segal y filme moins une comédie sportive qu’un musée vivant de la masculinité de cinéma en train d’accepter l’arthrose. Stallone et De Niro y savent très bien ce qu’ils vendent : leur propre passé, remis sur le ring en version cabossée. Et franchement, ce n’est pas rien. Le film a été puni pour opportunisme. On pourrait aussi le remercier de ne pas cacher son opération.

2013 est aussi l’année où la nostalgie des années 1970-1980 continue d’être exploitée massivement au cinéma, souvent sous forme de franchises ou de clins d’œil automatiques. Match retour s’inscrit là-dedans, mais avec une petite différence utile : il ne réanime pas seulement des personnages, il réanime des corps de stars, des régimes de jeu, des postures entières du cinéma américain. Le film sait que son vrai sujet n’est pas le match. C’est le retour du temps dans la chair.

Ce n’est pas subtil, très bien. Il a tout de même une vraie mélancolie de vestiaire. Même Kevin Hart, pourtant très mécanique ici, devient un symptôme du nouvel âge qui tourne autour de monuments usés. Je préfère ce genre de comédie franche, qui avoue sa dépendance au patrimoine physique de ses acteurs, à bien des opérations plus lisses où la nostalgie se déguise en nouveauté. Ici, le vieux cuir craque. C’est presque touchant.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un protège-poitrine de sparring aurait été stocké sous cadenas après avoir “revendiqué l’entière mémoire traumatique du cinéma de boxe américain”.