Critique
Titre original : Into The Storm
Black Storm
Into the Storm, en 2014, prend des lycéens, des vidéastes de catastrophe, Richard Armitage en père courage, Sarah Wayne Callies, Matt Walsh, Max Deacon, Nathan Kress et une ville entière promise aux tornades, puis filme la météo comme si Michael Bay s’était mis au found footage civique. Le film a été expédié comme simple défouloir météorologique. Pourtant il a une qualité rare : il ne ment jamais sur son programme. Il veut du vent, du silo, du camion aspiré, de la vache volante et de l’irresponsabilité climatique convertie en attraction. Très bien. Armitage y tient suffisamment la baraque humaine pour qu’on ne soit pas uniquement face à un catalogue d’entonnoirs.
2014 est aussi l’année où la culture populaire est saturée de discussions sur les phénomènes extrêmes, la météo déréglée, les supercellules et le sentiment diffus que la nature est en train d’augmenter son volume sonore. Into the Storm récupère cette anxiété, mais au lieu de la traiter avec gravité documentaire, il la propulse au cœur du film-catastrophe adolescent. C’est plus honnête qu’un faux réalisme frileux. Le monde y devient littéralement un spectacle d’emballement atmosphérique.
On peut se moquer des webcams, des drones, du found footage utilitaire. Mais cette forme a ici une vraie pertinence : elle filme une époque qui n’assiste plus aux désastres, elle les cadre immédiatement. Into the Storm comprend cela intuitivement. C’est bien plus intéressant qu’une simple démonstration numérique. Le ciel y est devenu réseau social meurtrier. Voilà une belle vulgarité contemporaine.
🎬 Le saviez-vous ?
un anémomètre de décor aurait été retiré après avoir “tenté de hiérarchiser seul la dramaturgie des bourrasques selon des critères de rendement viral”.