Critique

Les Ensorceleuses

Titre original : Practical Magic

IMDb 6.1 / 10
Allociné 2.7 / 5
Rotten T. 22%
Critique
Affiche de Les Ensorceleuses

Les Ensorceleuses

Les Ensorceleuses, en 1998, prend Sandra Bullock, Nicole Kidman, Stockard Channing, Dianne Wiest, Goran Visnjic, Aidan Quinn et Evan Rachel Wood, puis fait de la sororité, de la maison familiale, des recettes, des sortilèges et des amours toxiques une comédie fantastique gothico-domestique. Le film a souffert d’un énorme malentendu critique : on lui a reproché d’être trop sucré, trop camp, trop instable. C’est précisément ce qui fait son prix. Bullock et Kidman fonctionnent très bien comme sœurs de tempéraments opposés ; Channing et Wiest comprennent que le film gagne à traiter la magie comme affaire de cuisine et de transmission plus que de grand spectacle. Griffin Dunne filme tout cela avec une confiance presque démodée dans la puissance des intérieurs enchantés.

1998 est aussi l’année où les récits de féminité collective, de sororité pop et de réappropriation d’imaginaires occultes gagnent une place très visible dans la culture populaire, entre Charmed, Buffy et tout un climat de reconfiguration des représentations de femmes “puissantes”. Les Ensorceleuses appartient pleinement à ce moment, mais il le traite avec plus de mélodrame domestique que d’empowerment publicitaire. C’est probablement pourquoi il a mis du temps à être aimé comme il fallait.

Le film est kitsch, oui, et parfois merveilleusement excessif. Il possède surtout une tonalité vraiment singulière : ni comédie romantique standard, ni pur film de sorcières, ni drame familial classique. Cette hybridité a été prise pour une faute. J’y vois une liberté. La magie y est d’abord une affaire de lien, de maison et de répétition des blessures. C’est plus doux que spectaculaire, et c’est très bien ainsi.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un pot d’herbes sèches de cuisine aurait été isolé après avoir “tenté d’imposer seul un régime matriarcal permanent au département accessoires”.