Critique

Repo Men

IMDb 6.3 / 10
Allociné 2.6 / 5
Rotten T. 22%
Critique
Affiche de Repo Men

Repo Men

Repo Men, en 2010, prend Jude Law, Forest Whitaker, Liev Schreiber, Alice Braga, Carice van Houten et RZA, puis imagine un monde où l’on vous vend des organes artificiels avant de venir les reprendre si vous cessez de payer. Miguel Sapochnik y dirige avec une froideur médicale brutalement pulp qui a été prise pour un manque de nuance. C’est oublier qu’un film pareil gagne précisément à ne pas s’excuser. Law y est très bon dans l’épuisement d’exécuteur qui comprend trop tard le business ; Whitaker apporte une tendresse lourde qui rend le dispositif encore plus triste. Le film ne veut pas seulement du gore : il veut de la dette incorporée.

2010 est aussi l’année où la question des soins, de la couverture médicale, du coût du corps et des infrastructures de santé est brûlante aux États-Unis, au moment même où l’Obamacare se met en place dans une bataille nationale féroce. Repo Men joue directement dans ce théâtre. Son idée paraît énorme, mais elle est à peine caricaturale. Le corps à crédit est déjà là, au fond. Le film pousse simplement la logique jusqu’au couteau.

On l’a trouvé trop grinçant, trop mécanique, trop complaisant. J’y vois au contraire une petite précision de cauchemar néolibéral. Le film n’est peut-être pas “profond”, mais il a la bonne brutalité : il relie immédiatement la finance, la chirurgie et la violence de récupération. C’est assez rare dans le studio movie d’exploitation. La chair ici n’est jamais pure. Elle est adossée à une mensualité. Très bon principe.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un foie artificiel de décor aurait été saisi après avoir “tenté de renégocier ses propres conditions de prêt à taux variable”.