Pixels
Pixels, en 2015, prend Adam Sandler, Kevin James, Josh Gad, Peter Dinklage, Michelle Monaghan, Brian Cox et une invasion alien venue sous forme de jeux d’arcade, puis demande à Chris Columbus de transformer la nostalgie gamer en guerre municipale. Le film a été moqué comme pub géante pour quinquagénaires élevés à Pac-Man. C’est exact, et j’y vois précisément une belle franchise. Sandler y fait du Sandler, très bien ; Dinklage comprend instantanément le niveau de cabotinage nécessaire ; Columbus, après Home Alone et les premiers Harry Potter, sait toujours filmer le grand parc de l’enfance reconverti en moteur de spectacle familial. Il ne s’en excuse pas.
2015 est aussi une année où la culture geek a déjà largement gagné la bataille symbolique du mainstream, au point que sa nostalgie devient une matière première industrielle de premier ordre. Pixels cristallise cela avec une brutalité admirable. Il n’essaie pas de cacher sa fonction : vendre le patrimoine vidéoludique comme vocabulaire émotionnel universel. C’est grossier, oui. C’est aussi un document assez précieux sur le moment où l’arcade est officiellement entrée dans le musée pop global.
Le film est lourdingue, et souvent laid. Très bien. Il continue tout de même de croire qu’un fantôme jaune et un Donkey Kong géant peuvent suffire à réenchanter une ville épuisée. Cette foi simpliste me semble plus digne que bien des blockbusters qui empruntent au jeu vidéo sans jamais aimer franchement le jeu. Pixels aime ses pixels au point de leur donner des immeubles à mâcher. C’est une forme de loyauté.
🎬 Le saviez-vous ?
un cube de Tetris de prévisualisation aurait été supprimé du rendu final après avoir “réclamé une refonte complète de l’urbanisme new-yorkais selon des critères ludiques”.