Critique

Suicide Squad

IMDb 6.9 / 10
Allociné 2.1 / 5
Rotten T. 26%
Critique
Affiche de Suicide Squad

Suicide Squad

Suicide Squad, en 2016, prend Margot Robbie, Will Smith, Viola Davis, Joel Kinnaman, Jai Courtney, Cara Delevingne, Adewale Akinnuoye-Agbaje et Jared Leto, puis assemble tout cela comme un rayon premium de super-vilains à durée de conservation incertaine. David Ayer y dirige avec une vraie envie de sale, de néon, de chanson pop, de dossier pénal et de tatouage narratif. On lui a beaucoup reproché son montage, son chaos, sa laideur fragmentée. Tout cela est vrai. Mais cette vérité ne suffit pas à annuler la valeur du film comme magnifique accident industriel. Margot Robbie y sort évidemment du lot, Viola Davis aussi, et Ayer laisse filtrer par instants un drôle de désir de cinéma de bande cassée.

2016 est aussi l’année où les blockbusters de franchise sont déjà engagés dans une guerre d’identité totale : il faut être sombre mais drôle, pop mais tragique, cynique mais familial, et surtout compatible avec les discours d’univers partagé. Suicide Squad porte toutes ces contradictions à même la peau. C’est un film qui ressemble à son époque précisément parce qu’il n’arrive pas à résoudre ses injonctions. Je trouve cela passionnant, même lorsqu’il rate.

Le film ne fonctionne pas proprement, mais il fonctionne comme archive d’un moment DC/Warner particulièrement névrosé. Cette névrose, loin d’être seulement un défaut, lui donne une texture de produit recousu sous pression. Beaucoup de blockbusters cachent mieux leurs cicatrices ; celui-ci les porte comme des accessoires. Je préfère encore la couture visible à l’illusion d’intégrité.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

une batte “Good Night” de doublure aurait été placée sous alarme après avoir “tenté de s’auto-proclamer colonne vertébrale idéologique du chaos d’équipe”.