Critique
Titre original : Life or Something Like It
7 jours et une vie
7 jours et une vie, en 2002, prend Angelina Jolie présentatrice TV brillante et vide, lui colle Edward Burns, Tony Shalhoub, Christian Kane, Stockard Channing et un prophète des rues annonçant sa mort prochaine. Le film a été jugé comme une romcom prémâchée à parabole de développement personnel. C’est beaucoup trop simple. Jolie y travaille un registre de superficialité paniquée qui est plus fin qu’on ne veut bien l’admettre ; Burns sert très bien la présence de terrain censée réveiller la princesse média. Stephen Herek, qu’on croit souvent condamné aux objets lisses, filme ici quelque chose de très américain : la découverte que la télévision de soi ne suffit plus à tenir une existence.
2002 est aussi une année où les médias d’information continue, l’obsession de l’image publique et la spectacularisation de l’intime prennent encore plus de place dans la culture populaire. 7 jours et une vie s’inscrit tout à fait là-dedans. Le film semble léger, mais il parle déjà de quelqu’un qui n’existe qu’à travers son reflet médiatique et doit réapprendre à sentir autre chose que son propre prompteur. C’est moins anodin qu’il n’y paraît.
Le film est sentimental, oui, et un peu trop bien décidé à corriger son héroïne. Mais il a pour lui une vraie lisibilité de son époque : le journalisme télé y est déjà une scène de branding de soi. Je préfère ce genre de moralité studio très visible à des comédies qui feignent l’intelligence sans jamais assumer la moindre fable. Ici, au moins, la conversion existe comme telle.
🎬 Le saviez-vous ?
un micro-cravate de plateau aurait été mis sous sachet après avoir “tenté d’annoncer lui-même la fin du narcissisme télévisuel en direct régie”.