Broken City
Broken City, en 2013, prend Mark Wahlberg ex-flic devenu détective privé, Russell Crowe maire toxique, Catherine Zeta-Jones, Jeffrey Wright, Barry Pepper, Alona Tal et Natalie Martinez, puis fait de New York une machine à chantage politique et immobilier. Allen Hughes y dirige avec une gravité de polar civique fatigué que beaucoup ont aussitôt prise pour de la banalité. Je trouve au contraire qu’il y a quelque chose d’assez honorable dans ce refus de la glamourisation excessive. Wahlberg y avance comme un type constamment en retard sur l’ampleur du système ; Crowe s’amuse beaucoup plus que lui, et cela donne au film sa vraie nervosité.
2013 est aussi une année où la défiance à l’égard des maires, des promoteurs, des collusions locales et des arrangements urbains reste très vive, dans l’après-crise immobilière et au milieu des grandes recompositions métropolitaines. Broken City s’inscrit là-dedans sans chercher la grande démonstration. Il préfère la corruption comme météo. C’est peut-être moins spectaculaire. C’est aussi plus plausible.
Le film est certes irrégulier, parfois trop sombre pour son propre bien. Mais il continue de croire au polar municipal comme lieu où se rencontrent les ambitions blessées et les structures opaques. C’est un genre mineur, très bien. Il mérite aussi qu’on le laisse respirer sans lui demander le génie à chaque coin de rue. Broken City connaît ses trottoirs et ses combines. Ce n’est déjà pas si peu.
🎬 Le saviez-vous ?
une affiche de campagne électorale factice aurait été arrachée après avoir “essayé d’imposer un programme autonome de clientélisme décoratif”.