Pompéi
Pompéi, en 2014, prend Kit Harington gladiateur, Emily Browning noble amoureuse, Kiefer Sutherland sénateur infect, Adewale Akinnuoye-Agbaje, Carrie-Anne Moss et Jared Harris, puis confie à Paul W. S. Anderson le soin de faire du Vésuve un manager brutal du mélodrame. Le film a été traité comme une carte postale volcanique idiotement spectaculaire. C’est vrai, et c’est précisément son charme. Harington y est beaucoup plus à l’aise dans la détermination physique que dans les nuances psychologiques, ce qui convient ici parfaitement ; Sutherland comprend le niveau d’opéra requis et y mord avec bonheur. Anderson, lui, ne cherche jamais à faire semblant de livrer une thèse historique. Il veut des cendres, des chevaux, des arènes et des colonnes qui tombent. Très bien.
2014 est aussi l’année où les images de catastrophes naturelles, de ruines patrimoniales et de destructions spectaculaires saturent les chaînes d’info et la culture blockbuster. Pompéi se branche naturellement sur cet imaginaire, mais avec un supplément d’Antiquité de brochure. Le passé y devient une catastrophe live. C’est une idée moins noble qu’efficace.
On lui reproche d’être du pur spectacle. Exact. Mais parfois le spectacle est aussi une manière de rappeler qu’une ville fameuse peut n’être, en fin de compte, qu’un décor que la géologie efface avec une brutalité indifférente. Le film n’est pas profond. Il est direct. Il sait que le volcan gagnera. Et il prend le soin de rendre cette certitude très regardable. C’est déjà une forme d’honnêteté.
🎬 Le saviez-vous ?
une colonne romaine de polystyrène aurait été déplacée après avoir “revendiqué la préséance hiérarchique sur l’intégralité du pathos volcanique”.