Critique

La Machine à explorer le temps - Time machine

Titre original : The Time Machine

IMDb 5.9 / 10
Allociné 2.4 / 5
Rotten T. 29%
Critique
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Affiche non disponible

La Machine à explorer le temps - Time machine

La Machine à explorer le temps, en 2002, prend Guy Pearce savant endeuillé, l’envoie au futur lointain, le confronte aux Morlocks, aux Eloïs, à Jeremy Irons et à un décor de cauchemar rétro-futuriste que beaucoup ont traité comme une adaptation molle de H. G. Wells. J’y vois plutôt un objet de transition curieux et bien plus attachant qu’on ne l’a dit. Pearce y apporte une intensité élégamment raide ; Samantha Mumba et Sienna Guillory apportent des présences plus fragiles ; Simon Wells, arrière-petit-fils de l’auteur, n’a peut-être pas tout résolu, mais il sait ce qu’il veut conserver : l’idée mélancolique du temps comme blessure plus que comme gadget.

2002 est aussi l’année qui suit le 11 septembre, moment où le rapport au futur, au progrès et à la confiance historique est nettement plus fissuré qu’auparavant. La Machine à explorer le temps résonne très différemment dans ce contexte : le futur n’y est pas promesse, il est ruine, adaptation monstrueuse, perte irrémédiable. C’est une lecture moins naïve qu’on ne lui accorde d’ordinaire.

Le film est inégal, certes, et ses effets numériques portent parfois leur date comme un badge. Mais son cœur reste admirablement simple : on ne remonte ni ne devance le temps sans y perdre quelque chose. Dans un paysage de science-fiction souvent occupé à paraître plus malin que son concept, celui-ci ose encore être sentimental. Je trouve cela plus digne que beaucoup de récits prétendument sophistiqués.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

une maquette d’horloge de voyage aurait été retirée après avoir “tenté de bloquer la pause déjeuner dans une boucle causale éternelle”.