Hollywood Homicide
Hollywood Homicide, en 2003, prend Harrison Ford inspecteur désabusé, Josh Hartnett débutant trop joli, et les lance dans une enquête à Los Angeles où l’immobilier, le yoga, les rêves de show-business et les meurtres occupent le même trottoir. Ron Shelton y dirige aussi Lena Olin, Isaiah Washington, Bruce Greenwood, Gladys Knight, Dwight Yoakam et Martin Landau avec une décontraction qui a été immédiatement lue comme fatigue. Peut-être. Mais cette fatigue a du charme. Ford y joue son propre vieillissement de star comme si le film en était vaguement conscient ; Hartnett, encore poreux, apporte un décalage utile. Shelton, après White Men Can’t Jump et Bull Durham, reste fidèle à une Amérique du métier et du bavardage.
2003 est aussi l’année où Hollywood lui-même sort de plus en plus visiblement de l’innocence pré-11 septembre et évolue dans un climat de guerre, de restructuration industrielle et de perte relative de centralité symbolique. Hollywood Homicide s’inscrit dans ce moment de léger désenchantement. Los Angeles n’y est plus une machine à rêves ; c’est un marché saturé où même les flics semblent avoir des side hustles. Très belle intuition.
Le film est inégal, certes, mais il a le mérite de filmer la ville de l’industrie comme un espace d’emplois précaires et de postures épuisées. Cela en fait plus qu’une buddy comedy paresseuse. On y voit surtout deux hommes qui travaillent mal dans un système où tout le monde veut être ailleurs. C’est une très bonne définition de Los Angeles, et pas seulement.
🎬 Le saviez-vous ?
une carte de visite d’agent immobilier aurait été détruite après avoir “tenté de vendre en off les décors du film à l’équipe technique”.