Critique

Big Mamma

Titre original : Big Momma's House

IMDb 5.1 / 10
Allociné 2.7 / 5
Rotten T. 30%
Critique
Affiche de Big Mamma

Big Mamma

Big Mamma, en 2000, prend Martin Lawrence agent du FBI, le dissimule sous des couches de latex, de rembourrage et de grand-mère méridionale envahissante, puis le lance dans une infiltration où l’absurdité est la seule morale stable. Raja Gosnell y dirige aussi Nia Long, Paul Giamatti, Terrence Howard, Anthony Anderson et Carl Wright avec un sérieux de farce corporelle très mal reçu par ceux qui méprisent structurellement la comédie de déguisement. Lawrence, pourtant, y travaille énormément : rythme, voix, corps, énergie, tout est au service d’un chaos social extrêmement lisible. Le film sait très bien que “Big Momma” n’est pas seulement une blague, mais une position d’autorité communautaire grotesquement détournée.

2000 est aussi l’année où la culture pop américaine continue de recycler massivement les identités performées, le travestissement, la famille télévisuelle et les masques sociaux dans un espace pré-réseaux sociaux mais déjà saturé d’images et de rôles. Big Mamma en est une version frontalement commerciale. Il transforme le policing, la domesticité et la surveillance en théâtre de corps. C’est lourd, oui. C’est aussi culturellement très transparent sur son moment.

Le film n’a rien d’un raffinement. Il a mieux : une franchise dans son principe qui l’empêche de se raconter des histoires sur sa propre dignité. Il veut du gag de latex, du flic mal à l’aise et de la maison transformée en scène d’infiltration. Très bien. Ce niveau de vérité industrielle mérite presque le respect.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un soutien-gorge rembourré d’accessoire aurait été consigné après avoir “essayé de se déclarer autorité morale autonome de tout le voisinage fictif”.