Critique

Bad Boys II

IMDb 6.6 / 10
Allociné 2.3 / 5
Rotten T. 23%
Critique
Affiche de Bad Boys II

Bad Boys II

Bad Boys II, en 2003, prend Will Smith, Martin Lawrence, Michael Bay, Gabrielle Union, Jordi Mollà, Joe Pantoliano et une quantité obscène de tôle froissée pour produire une suite qui a décidé que toute mesure était une insulte. On lui a souvent reproché sa vulgarité, son racolage, sa durée, ses explosions, sa politique du n’importe quoi. C’est exact. Et c’est précisément ce qui le rend presque admirable. Smith et Lawrence y ont une chimie brute de machine comique ; Bay, lui, filme le monde comme si chaque rue de Miami devait exploser avant la tombée de la nuit. Peu de cinéastes assument à ce point leur propre addiction au trop.

2003 est aussi l’année de l’invasion de l’Irak, d’une Amérique surexcitée par sa propre projection de force, de son rapport à la vitesse, au contrôle et à la destruction spectaculaire. Bad Boys II n’est pas un commentaire. Il est un symptôme parfait. Même son outrance a quelque chose de révélateur : la police y ressemble déjà à un clip militaire hystérique. C’est profondément douteux. C’est aussi un document culturel d’une franchise sidérante.

Le film est interminable, oui, mais son interminable devient un style : Bay ne veut pas raconter, il veut saturer. Cette saturation a un sens. Elle dit une époque, une industrie et un rapport délirant à la puissance visuelle. Je préfère encore ce mauvais goût total à bien des blockbusters prétendument respectables qui partagent la même idéologie sous un costume mieux taillé.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un capot de Ferrari aurait été isolé après avoir “tenté d’obtenir l’immunité diplomatique au nom de l’intensité cinétique”.