Sanctum
Sanctum, en 2011, prend un groupe de plongeurs-spéléologues coincés dans un réseau de grottes sous-marines et transforme la survie en problème de roche, d’oxygène, d’autorité paternelle et d’étroitesse absolue. Alister Grierson y dirige Richard Roxburgh, Rhys Wakefield, Alice Parkinson, Ioan Gruffudd et Dan Wyllie avec une raideur qui a souvent été prise pour de la médiocrité. C’est un peu court. Cette raideur appartient au film : dans un tunnel inondé, les grandes subtilités psychologiques n’ont pas toujours la priorité. Roxburgh fonctionne très bien comme bloc paternel ; Grierson, lui, comprend une chose simple : l’espace est le vrai monstre.
2011 est aussi l’année où la fascination pour les expériences extrêmes, les plongées, les exploits limite et les récits de sauvetage reste très forte dans la culture médiatique mondiale. Sanctum récupère cette fascination mais la fait sentir de l’intérieur, par l’étranglement plus que par la conquête. En cela, le film se distingue un peu de la rhétorique triomphale du dépassement de soi : ce qui domine ici, c’est surtout la sensation que la nature n’en a rien à faire de votre arc narratif.
Le film est sévère, peu aimable, très minéral. Et j’aime assez cela. Il préfère l’épuisement, la pression et l’obstination au grand caractère. On peut bien lui reprocher son manque de chaleur ; dans une cavité à moitié noyée, la chaleur aurait surtout semblé suspecte. Sanctum reste un vrai film d’espace hostile, chose plus rare qu’on ne croit.
🎬 Le saviez-vous ?
un mousqueton de sécurité aurait été retiré de la régie après avoir “tenté de hiérarchiser seul les rapports père-fils en fonction de la profondeur atteinte”.