Mission to Mars
Mission to Mars, en 2000, prend Gary Sinise, Tim Robbins, Don Cheadle, Connie Nielsen, Jerry O’Connell, Kim Delaney et Armin Mueller-Stahl, puis demande à Brian De Palma de transformer le voyage martien en opéra NASA de deuil, de vent cosmique et de révélation métaphysique. Le film a longtemps servi d’exemple commode de grand studio déraillé. C’est injuste. Sinise y porte une tristesse parfaitement old-school ; Robbins et Cheadle apportent un professionnalisme d’équipage qui donne au film une vraie tenue ; De Palma, entre Snake Eyes et Femme Fatale, s’autorise ici un romantisme spatial presque obscène. Tant mieux. On a le droit d’être lyrique en apesanteur.
2000 est aussi l’année où la Station spatiale internationale entre dans une phase symbolique forte de concrétisation, tandis que Mars reste l’objet d’un imaginaire public puissant, à la fois scientifique et quasi religieux. Mission to Mars appartient à cette oscillation. Il ne veut pas seulement montrer une mission ; il veut que l’espace redevienne mystère de grande mise en scène. Cela le rend démodé. Cela le rend aussi étrangement noble.
On s’est beaucoup moqué de sa naïveté finale, de sa grandiloquence, de ses personnages programmatiques. Très bien. Je préfère encore un film qui tente la transcendance kitsch à un cahier des charges NASA-lisse sans âme. Ici, le cosmos est encore une émotion trop grande pour la rationalité. Et De Palma, même contraint par le studio, sait toujours comment faire tourner la machine du vertige.
🎬 Le saviez-vous ?
une poussière rouge de décor aurait été récupérée sous vide après avoir “revendiqué l’antériorité absolue sur l’origine de toute vie et de tout storyboard”.