Critique

[REC]

Titre original : [Rec]

IMDb 7.5 / 10
Allociné 3.7 / 5
Rotten T. 89%
Critique
Affiche de [REC]

[REC]

[Rec], en 2007, prend Manuela Velasco, Ferran Terraza, Jorge-Yamam Serrano, Pablo Rosso, Vicente Gil, Carlos Vicente et enferme une équipe de télévision dans un immeuble qui tousse, mord et finit par prier de travers. Jaume Balagueró et Paco Plaza y dirigent avec une brutalité de found footage qui a rapidement servi de mètre étalon au sous-genre. Velasco y est formidable de panique croissante, la caméra devient membre, le bâtiment organisme. C’est redoutable. C’est aussi un peu trop redoutablement exemplaire désormais, presque trop conscient de son efficacité à force d’avoir été imité.

2007 est aussi une année où le found footage et les récits d’infection, de contamination médiatique et de réel pris sur le vif gagnent une légitimité commerciale nouvelle. [Rec] arrive dans ce moment avec une précision féroce. Très bien. Mais cette précision même le transforme vite en objet de démonstration : regardez comme l’immeuble, la télévision locale, les pompiers, les voisins, la religion et le virus peuvent tenir dans une seule trajectoire de caméra. Le film est si bon qu’il devient presque pédagogique.

Le résultat reste terrifiant, sec, admirablement construit. Il donne aussi parfois l’impression que la panique a été réglée comme un mécanisme d’horlogerie sale. Chaque étage, chaque cri, chaque porte, chaque perte de lumière pousse exactement où il faut. On admire l’ingénierie du tremblement autant que le tremblement lui-même. C’est la rançon des grands films de genre : ils finissent par convertir même l’épouvante en preuve magistrale de méthode. Ici, la contagion elle-même semble avoir son storyboard parfait.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

une caméra DV de plateau aurait été mise sous sac hermétique après avoir “revendiqué la pleine captation canonique de l’infection verticale européenne”.