Critique

Pour un garçon

Titre original : About a Boy

IMDb 7.1 / 10
Allociné 3.7 / 5
Rotten T. 93%
Critique
Affiche de Pour un garçon

Pour un garçon

Pour un garçon, en 2002, prend Hugh Grant, Nicholas Hoult, Toni Collette, Rachel Weisz, Sharon Small et transforme l’immaturité hédoniste d’un riche célibataire londonien en petite parabole d’apprentissage par l’embarras. Les frères Weitz, après American Pie, dirigent avec une efficacité douce ce qui pourrait n’être qu’une comédie sur homme enfant corrigé par plus vulnérable que lui. Grant y est parfait, parce que son art du charme paniqué rencontre ici un rôle qui le comprend comme symptôme social ; Hoult apporte une maladresse qui évite à l’ensemble de trop se parfumer. Et pourtant le film sent parfois un peu trop la réhabilitation bienveillante de luxe.

2002 est aussi une année où les masculinités britanniques de classe moyenne supérieure sont encore massivement retravaillées dans la culture populaire entre ironie, responsabilité tardive et redéfinition domestique. Pour un garçon s’inscrit exactement là. Très bien. Mais cette lisibilité sociale devient aussi sa méthode de consolation : l’égoïsme n’est jamais si grave qu’il ne puisse être réparé par un enfant bizarre, une mère triste et quelques jolies scènes de recomposition affective. Le monde y est rude juste ce qu’il faut pour rendre la correction agréable.

Le film reste drôle, fin, attachant. Il donne aussi parfois l’impression que la croissance morale du privilégié est toujours un peu trop cinégénique. On admire Grant traîner, mentir, apprendre, bricoler un peu de décence ; on admire Hoult faire dérailler l’élégance générale. On peut aussi se dire que la souffrance plus lourde des autres sert ici très utilement de petit escalier vers la maturité acceptable du héros. La comédie y gagne en chaleur ce qu’elle perd peut-être en acidité véritable.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un CD de Marcus de décor aurait été retiré après avoir “revendiqué le monopole absolu de la pédagogie embarrassée de la virilité britannique”.