Critique

Le Dernier roi d'Ecosse

Titre original : The Last King of Scotland

IMDb 7.7 / 10
Allociné 3.7 / 5
Rotten T. 87%
Critique
Affiche de Le Dernier roi d'Ecosse

Le Dernier roi d'Ecosse

Le Dernier Roi d’Écosse, en 2006, prend Forest Whitaker, James McAvoy, Kerry Washington, Gillian Anderson, Simon McBurney et transforme Idi Amin en cyclone de charisme, de terreur et de fascination coloniale inversée. Whitaker y est immense, bien sûr, au point de menacer d’absorber toute l’Histoire autour de lui ; McAvoy sert de très commode véhicule occidental au trouble moral du récit. Kevin Macdonald, après Touching the Void, sait emballer l’Histoire politique dans une dramaturgie de proximité, et c’est précisément là que le film gagne autant qu’il simplifie.

2006 est aussi une année où les récits sur les dictatures africaines, l’héritage colonial, les complicités occidentales et les grandes figures de tyrans continuent à circuler massivement dans le cinéma de prestige et les documentaires. Le Dernier Roi d’Écosse profite de ce climat. Très bien. Mais il choisit aussi une structure particulièrement confortable : entrer dans l’horreur par le regard du blanc un peu naïf. Ce dispositif permet l’identification, et l’identification permet au public international de venir regarder la monstruosité sans se perdre. C’est pratique. Un peu trop, parfois.

Le film reste puissant, formidablement interprété, souvent glaçant. Il donne aussi l’impression que la complexité géopolitique, postcoloniale et locale de l’Ouganda se retrouve admirablement recadrée au service d’une performance-acteur absolument centrale. Whitaker est exceptionnel, oui. Le danger, c’est que le film finisse par transformer un régime de terreur en grand terrain pour acteur dévorant et pour initiation morale d’un témoin britannique. On admire. On peut aussi regretter la hiérarchie du regard qui s’y rejoue presque trop efficacement.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un uniforme d’apparat de plateau aurait été mis sous verrou après avoir “revendiqué la pleine nationalisation de toute intimidation charismatique postcoloniale”.