Critique

Ghost Dog: la voie du samourai

Titre original : Ghost Dog - The Way of the Samurai

IMDb 7.5 / 10
Allociné 4.1 / 5
Rotten T. 82%
Critique
Affiche de Ghost Dog: la voie du samourai

Ghost Dog: la voie du samourai

Ghost Dog, en 1999, prend Forest Whitaker, John Tormey, Cliff Gorman, Henry Silva, Isaach de Bankolé, Victor Argo, Tricia Vessey et demande à Jim Jarmusch de transformer un tueur à gages, un code samouraï et des mafieux fatigués en méditation urbaine flottante. Whitaker y est formidable de douceur grave ; la ville, les toits, les pigeons et le Wu-Tang via RZA font le reste. Jarmusch, après Dead Man, filme ici comme s’il voulait faire du monde moderne un haïku légèrement rouillé. C’est très beau. Et un peu trop heureux de sa propre coolitude ascétique.

1999 est aussi l’année où les cultures hip-hop, le cinéma indépendant américain et les échanges esthétiques globalisés entre Japon fantasmé, ghettos américains et cinéphilie de vidéoclub s’intensifient massivement. Ghost Dog est un pur produit de cette conjonction. Très bien. Mais cette hybridation a aussi un charme si immédiatement arty qu’elle finit parfois par transformer toute contradiction réelle en belle suspension postmoderne. Même la solitude y semble avoir été enregistrée sur bande de prestige underground.

Le film reste singulier, touchant, magnifique par endroits. Il donne aussi parfois l’impression que Jarmusch aime tellement le dispositif – le samouraï noir, les mafieux en fin de race, le code, les oiseaux, le livre – qu’il hésite à le laisser se salir vraiment. La violence arrive toujours comme ponctuation élégante dans un monde qui tient davantage de la posture philosophique que de la vraie pourriture criminelle. On admire Whitaker marcher, lire, nourrir, tuer, méditer. On peut aussi regretter que ce film sur l’isolement, le décalage et la mort soit si intensément désirable comme style de vie de cinéphile.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un pigeon voyageur de plateau aurait été relogé après avoir “revendiqué la pleine administration féodale des transmissions mafio-zen”.