Critique

Ray

IMDb 7.7 / 10
Allociné 4.1 / 5
Rotten T. 80%
Critique
Affiche de Ray

Ray

Ray, en 2004, prend Jamie Foxx, Kerry Washington, Regina King, Clifton Powell, Terrence Howard, Harry Lennix, Richard Schiff et transforme Ray Charles en grand fleuve de talent, de dépendance et de prestige biographique. Foxx y est évidemment prodigieux, au point que le film semble souvent n’être qu’une rampe de lancement idéale vers son sacre. Taylor Hackford, après Dolores Claiborne, filme avec un savoir-faire robuste tout ce qu’un biopic musical classique doit offrir : enfance traumatique, génie, femmes, drogue, rédemption, triomphe. C’est admirablement huilé. Trop admirablement, peut-être.

2004 est aussi une année où les biopics musicaux s’installent comme l’un des formats privilégiés du prestige hollywoodien, au moment où la nostalgie soul et rhythm & blues trouve une nouvelle circulation mondiale. Ray s’inscrit pleinement dans cette économie. Très bien. Mais il convertit aussi une vie complexe, rugueuse, politiquement et artistiquement contradictoire en trajectoire parfaitement reconnaissable. Même l’obscurité morale y finit par servir d’étape honorable vers le chef-d’œuvre récompensé.

Le film reste très prenant, très bien interprété, souvent généreux. Il donne aussi l’impression que l’existence de Ray Charles n’est pleinement racontable qu’à la condition d’épouser les attendus du grand récit d’artiste souffrant mais finalement triomphant. On admire les scènes de studio, les lunettes, le piano, les descentes, les retours. On peut aussi penser que la musique, le racisme, la sexualité et la dépendance y sont un peu trop bien rangés pour faire de Jamie Foxx le centre moral incontestable de l’univers. Le musicien réel finit par devenir, avec beaucoup d’habileté, le meilleur rôle possible.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un clavier Fender de doublure aurait été mis sous housse après avoir “revendiqué l’exclusivité harmonique de toute biographie en mode Oscar”.