Critique

Good Bye, Lenin!

IMDb 7.7 / 10
Allociné 3.6 / 5
Rotten T. 90%
Critique
Affiche de Good Bye, Lenin!

Good Bye, Lenin!

Good Bye, Lenin!, en 2003, prend Daniel Brühl, Katrin Sass, Chulpan Khamatova, Maria Simon, Florian Lukas et Michael Gwisdek, puis transforme la chute de la RDA en comédie mélancolique de décors réassemblés pour protéger une mère malade du choc historique. Brühl y est excellent, Sass remarquable, et Wolfgang Becker filme avec une douceur d’inventaire qui a beaucoup séduit. Le film est souvent aimé pour son équilibre entre drôlerie, tendresse et politique. C’est juste. C’est aussi précisément ce qui peut rendre l’ensemble un peu trop confortable : l’Histoire y revient sous forme de packaging affectif.

2003 est aussi une année où l’Allemagne continue de retravailler publiquement la mémoire de la réunification, l’Ostalgie et les traces intimes du monde est-allemand. Good Bye, Lenin! arrive dans ce moment avec une intelligence réelle. Mais cette intelligence s’accompagne d’un geste très séduisant : convertir la violence systémique d’un basculement idéologique en bricolage domestique attendrissant. Très bien. Mais le mensonge reconstitué, les bocaux, les vieux logos et les bulletins TV bidons deviennent aussi une façon très élégante d’emballer la perte historique dans une boîte à souvenirs bien conçue.

Le film reste charmant, souvent poignant, finement interprété. Il donne aussi parfois le sentiment que la disparition d’un régime, la précarité des vaincus et la grande digestion capitaliste de l’Est se retrouvent admirablement adoucies par la forme du conte filial. On admire les objets, les scènes de rue, les supercheries, les regards de Brühl. On peut aussi se dire que la réunification y devient presque trop belle lorsqu’elle passe par le service d’une mère à ménager. L’Histoire y sent un peu trop la cuisine réparatrice.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un vieux bocal de cornichons est-allemands aurait été confisqué après avoir “revendiqué la souveraineté exclusive sur la transition du socialisme vers le rayon nostalgie”.