Critique

Mad Max 2

Titre original : Mad Max 2: The Road Warrior

IMDb 7.6 / 10
Allociné 3.5 / 5
Rotten T. 93%
Critique
Affiche de Mad Max 2

Mad Max 2

Mad Max 2, en 1981, prend Mel Gibson, Bruce Spence, Michael Preston, Max Phipps, Vernon Wells, Kjell Nilsson et transforme le désert australien en catéchisme de métal, d’essence et d’humanité décapée. George Miller, après Mad Max, dépouille tout jusqu’à l’os : plus de société, presque plus de psychologie, juste des véhicules, des silhouettes et la loi du carburant. Gibson y est idéal précisément parce qu’il n’a pas encore besoin de beaucoup parler ; le monde, lui, hurle à sa place. Le film est souvent célébré comme une matrice absolue de l’action moderne. C’est exact. Et c’est là qu’il devient intéressant de remarquer à quel point cette pureté même le rend presque trop parfait pour être pleinement sale.

1981 est aussi l’année du début de l’ère Reagan, d’une fascination croissante pour les récits de survie dure, d’énergie, de pénurie et de réorganisation brutale des imaginaires de l’autorité. The Road Warrior naît dans ce climat. Il en devient un grand mythe de l’austérité carburantée : le monde n’est plus qu’une chaîne logistique armée. Très fort. Mais cette vigueur post-civilisation est aussi une merveille de design. Même l’effondrement y a une ligne de carrosserie admirable.

Le film reste un prodige d’invention physique, de montage et de lisibilité. Il donne aussi la sensation que l’apocalypse n’existe vraiment qu’une fois passée par George Miller, c’est-à-dire réglée, chorégraphiée, exaltée jusqu’à devenir norme esthétique universelle. On admire les poursuites, la poussière, les harnais, les cris, les chiens. On peut aussi constater qu’un monde censé être vidé de tout confort devient ici un paradis absolu pour cinéaste obsédé par la forme. La fin du monde n’est jamais aussi belle que lorsqu’elle a son propre directeur de circulation.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un jerrican cabossé aurait été placé sous alarme après avoir “revendiqué la pleine souveraineté énergétique de l’eschatologie routière”.