Critique

High Fidelity

IMDb 7.6 / 10
Allociné 3.6 / 5
Rotten T. 91%
Critique
Affiche de High Fidelity

High Fidelity

High Fidelity, en 2000, prend John Cusack, Iben Hjejle, Jack Black, Todd Louiso, Catherine Zeta-Jones, Joan Cusack, Tim Robbins et fait d’un disquaire sentimental le conservateur officiel de ses propres défaillances affectives. Stephen Frears y filme Nick Hornby avec un plaisir évident : listes, classements, adresses caméra, vinyls, nostalgies et masculinité mélomane blessée. Cusack y est parfait, parce qu’il sait transformer l’autocentrisme en charme. Jack Black, lui, vient déjà exploser l’équilibre, comme un futur film parallèle à lui seul. Tout cela fonctionne admirablement. Trop admirablement, peut-être.

2000 est aussi l’année où l’industrie musicale entre plus franchement dans la crise numérique, au moment même où la collection, la rareté et la culture physique du disque deviennent déjà des gestes de résistance chic. High Fidelity appartient exactement à cette bascule. Il rend la mélomanie non seulement sympathique, mais moralement signifiante. Très bien. Mais cette sanctification du goût masculin comme profondeur affective a aussi un prix : le film transforme les mauvais comportements du héros en archivage attendrissant sous bande originale impeccable.

Le résultat reste drôle, fin, merveilleusement casté. Il peut aussi donner l’impression que le disque rare, la playlist implicite et la bonne référence servent d’excuses assez luxueuses à une immaturité sentimentale pourtant très ordinaire. On admire Chicago, les bacs, les rangements mentaux, les tops 5, les humiliations élégantes. On peut aussi se dire que le film sait un peu trop séduire au moment exact où il devrait gratter davantage. La mauvaise foi y a de si bons goûts qu’elle finit presque par ressembler à une vertu culturelle.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un 33 tours de secours aurait été rangé en chambre froide après avoir “revendiqué l’entière juridiction critique sur les ruptures amoureuses classées par face B”.