Critique

Selma

IMDb 7.5 / 10
Allociné 3.3 / 5
Rotten T. 99%
Critique
Affiche de Selma

Selma

Selma, en 2014, prend David Oyelowo, Carmen Ejogo, Tom Wilkinson, Tim Roth, Giovanni Ribisi, Common, Tessa Thompson, André Holland, Wendell Pierce, Oprah Winfrey et transforme la marche vers Montgomery en drame politique d’une gravité extrêmement lisible. Oyelowo y est très fort, Ejogo aussi, Wilkinson apporte l’épaisseur institutionnelle attendue. Ava DuVernay, après Middle of Nowhere, filme ici l’Histoire américaine comme espace de stratégie, de foi et de corps exposés. C’est nécessaire, puissant, admirable. Et peut-être un peu trop clairement arrimé à sa propre nécessité.

2014 est aussi l’année de Ferguson, de Black Lives Matter en montée visible, d’un nouveau cycle d’images de violences raciales et de réinterprétations urgentes de l’histoire des droits civiques. Selma surgit au cœur de cet instant. C’est précisément ce qui lui donne sa force et, paradoxalement, un léger blindage critique. Le film devient tout de suite plus qu’un film : un point de passage civique. Très bien. Mais cette fonction peut aussi faire oublier la manière dont il administre son émotion, distribue ses points d’identification et rend la grande Histoire admirablement recevable pour le spectateur contemporain bien disposé.

Le résultat est fort, sérieux, très utile politiquement. Il donne aussi l’impression que l’injustice historique, si radicale soit-elle, ne devient cinématographiquement partageable qu’une fois traduite dans un cadre d’élévation morale claire, de beaux discours et de douleurs exemplaires. On respecte énormément. On peut aussi souhaiter parfois un peu plus de rugosité impure, un peu moins d’organisation parfaite du courage. L’Histoire y saigne, certes, mais avec une très grande tenue.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

une paire de chaussures de marche de plateau aurait été mise sous verre après avoir “revendiqué l’intégralité du déplacement moral de la démocratie américaine”.