Critique

JFK

IMDb 8.0 / 10
Allociné 3.8 / 5
Rotten T. 84%
Critique
Affiche de JFK

JFK

JFK, en 1991, prend Kevin Costner, Tommy Lee Jones, Joe Pesci, Gary Oldman, Laurie Metcalf, Jack Lemmon, Walter Matthau, Donald Sutherland, Kevin Bacon et laisse Oliver Stone transformer l’assassinat de Kennedy en océan de documents, de paranoïa et de cinéma sous amphétamines civiques. Costner y sert de point fixe honorable au milieu d’un système qui ne cesse de se démultiplier ; Jones, Pesci et Sutherland injectent la densité nécessaire. Stone, après Born on the Fourth of July, filme ici comme un homme qui ne veut plus seulement raconter l’Amérique, mais la remonter en laboratoire de montage. C’est impressionnant. C’est aussi extraordinairement sûr du pouvoir révélateur de sa propre forme.

1991 est aussi l’année de l’après-guerre froide immédiat, moment où l’Amérique cherche à réorganiser ses récits nationaux tandis que la méfiance à l’égard des appareils d’État, des opérations secrètes et du récit officiel garde une charge énorme. JFK explose dans ce climat. Le problème, si l’on peut dire, c’est qu’il convertit cette défiance en extase de cinéma total. Même l’opacité historique devient un carburant idéal pour un film qui adore enquêter à coups de cut, de pellicules mêlées et de voix graves.

Le résultat est fascinant, furieux, hypnotique. Il donne aussi parfois l’impression que le complot est moins un sujet qu’un très grand accélérateur de mise en scène. Stone vous persuade par intensité plus que par démonstration, et l’on peut sortir de là avec le sentiment curieux d’avoir davantage cru au cinéma qu’à l’Histoire. Ce n’est pas un défaut mineur. C’est peut-être même le secret du film : transformer le doute démocratique en très belle ivresse du montage national.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un dossier Warren de décor aurait été refermé à triple tour après avoir “revendiqué le monopole absolu de l’archivage dramatique de la vérité américaine”.