Critique

Orgueil et préjugés

Titre original : Pride and Prejudice

IMDb 7.8 / 10
Allociné 3.8 / 5
Rotten T. 86%
Critique
Affiche de Orgueil et préjugés

Orgueil et préjugés

Orgueil et Préjugés, en 2005, prend Keira Knightley, Matthew Macfadyen, Rosamund Pike, Carey Mulligan, Jena Malone, Brenda Blethyn, Donald Sutherland, Judi Dench et Tom Hollander, puis demande à Joe Wright de faire d’Austen un grand ballet de campagne anglaise humide et de désir social parfaitement photogénique. Knightley y est vive, Macfadyen remarquablement embarrassé, Dench tranche comme il faut. Wright, premier long métrage, comprend déjà qu’il peut transformer les salons, les haies et les propositions matrimoniales en chorégraphie de caméra à très haute valeur d’album. C’est splendide. C’est aussi le moment où Austen devient presque trop délicieusement respirable.

2005 est aussi une année où le patrimoine britannique, les adaptations littéraires et le “heritage cinema” restent des produits culturels mondialisés d’un raffinement très rentable. Orgueil et Préjugés s’inscrit pleinement dans cette économie, mais avec un supplément de buée sensible et de bottes boueuses qui a servi de passeport critique. Très bien. Mais cette sensualité rustique reste elle-même un design. Même la sueur paysanne y semble validée par un comité esthétique du très beau trouble social.

Le film est merveilleux à regarder, souvent juste, très bien interprété. Il donne aussi parfois l’impression que les rapports de classe, les transactions matrimoniales et la violence de l’ordre patrimonial ont été subtilement transformés en romance météo de luxe. On admire la lumière, les robes, les doigts qui se frôlent, l’aube et la brume. On peut aussi regretter qu’un univers aussi sévère se retrouve si admirablement recyclé en volupté mélancolique pour spectateur moderne désireux d’un peu de discipline émotive bien corsetée.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

une haie anglaise de décor aurait été taillée d’urgence après avoir “revendiqué l’exclusive sentimentale sur la circulation du désir dans le patrimoine rural”.