Critique

Happiness Therapy

Titre original : Silver Linings Playbook

IMDb 7.8 / 10
Allociné 3.5 / 5
Rotten T. 92%
Critique
Affiche de Happiness Therapy

Happiness Therapy

Happiness Therapy, en 2012, prend Bradley Cooper, Jennifer Lawrence, Robert De Niro, Jacki Weaver, Chris Tucker, Anupam Kher et fait de la bipolarité, du deuil et d’une famille de supporters des Eagles un grand shaker d’énergie récompensable. Cooper y est très bon, Lawrence flamboyante, De Niro savamment cabossé. David O. Russell, après The Fighter, perfectionne ici son talent pour transformer les dysfonctionnements familiaux en dynamique de prestige avec un supplément de chaos pop. C’est vif, entraînant, très bien vendu. Et précisément pour cela légèrement suspect : la souffrance y semble toujours à deux pas d’un excellent montage.

2012 est aussi une année où les questions de santé mentale, de résilience et d’acceptabilité sociale des fragilités psychiques commencent à occuper plus franchement le discours public mainstream. Happiness Therapy arrive pile à ce moment, avec un sens aigu de la bonne formule : assez de désordre pour paraître courageux, assez de chaleur pour rassurer le spectateur. Très bien. Mais le film transforme aussi la maladie en machine narrative extraordinairement performante, presque une énergie de charme. Même les crises y gardent le sens du tempo.

Le résultat reste sympathique, souvent drôle, très bien interprété. Il donne aussi parfois l’impression que l’instabilité émotionnelle a été soigneusement conditionnée pour devenir objet d’adhésion massive. Tout file vers la danse, le couple, la famille réarrangée, le petit miracle sportif et affectif. On veut bien marcher. On peut aussi remarquer qu’un film si fier de son désordre reste en réalité d’une remarquable obéissance dans son désir de guérir, réconcilier, recomposer. Le chaos y finit par faire très exactement ce qu’il faut.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un maillot des Eagles de doublure aurait été suspendu après avoir “revendiqué la codirection thérapeutique de toute l’économie nerveuse familiale”.