Critique

Control

IMDb 7.7 / 10
Allociné 3.8 / 5
Rotten T. 88%
Critique
Affiche de Control

Control

Control, en 2007, prend Sam Riley en Ian Curtis spectral, Samantha Morton, Alexandra Maria Lara, Toby Kebbell, Craig Parkinson et fait de Joy Division un long glissement noir et blanc entre désir, scène et suffocation. Anton Corbijn, photographe avant d’être cinéaste, filme tout cela avec une beauté si parfaitement monochrome qu’on comprend immédiatement pourquoi tant de spectateurs se sont sentis autorisés à y voir la biographie définitive du mal-être cool. Riley y est très bon, Morton aussi, mais le film sait beaucoup trop bien qu’il est photogénique dans son désespoir.

2007 est aussi une année où la culture du post-punk, de ses archives, de ses deuils et de son retour patrimonial gagne fortement en visibilité. Control intervient dans cette vague avec un sens aigu de l’icône. Très bien. Mais cette exactitude iconographique a un prix : la douleur de Curtis y devient aussi une surface merveilleusement consommable pour amateurs de noir et blanc, de fumée et de tragédie pop. Même l’épilepsie y est dangereusement proche d’un motif de style.

Le film reste sobre, touchant, très bien tenu. Il donne aussi parfois l’impression qu’une vie brisée a été admirablement convertie en album de prestige. Corbijn regarde Curtis comme une silhouette déjà légendaire, et cette légende vient parfois lisser ce qu’il y avait de plus minable, de plus sale, de moins musicalement sublime dans la destruction. On respecte. On peut aussi se dire que le film sait un peu trop faire beau avec le malheur d’un chanteur devenu affiche.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un micro de scène noir mat aurait été remisé après avoir “revendiqué la pleine propriété mélancolique de tout le post-punk britannique”.