Critique

Aviator

Titre original : The Aviator

IMDb 7.5 / 10
Allociné 4.0 / 5
Rotten T. 86%
Critique
Affiche de Aviator

Aviator

Aviator, en 2004, prend Leonardo DiCaprio, Cate Blanchett, Kate Beckinsale, Alec Baldwin, John C. Reilly, Alan Alda, Jude Law, Gwen Stefani et transforme Howard Hughes en grand opéra de génie, de toc et de contamination mentale. Scorsese, après Gangs of New York, filme ici l’Amérique industrielle, hollywoodienne et aérienne comme une machine à produire des géants qui se dévorent eux-mêmes. DiCaprio y est impressionnant, bien sûr, dans cette manière de jouer l’ascension et l’effondrement en pleine lumière ; Blanchett, elle, apporte une stylisation presque plus belle encore. Le film sait qu’il est prestigieux. Il le sait à chaque raccord.

2004 est aussi l’année où l’Amérique de Bush est fascinée par ses titans économiques, ses récits de réussite et ses folies privées, pendant que la culture populaire reconsomme massivement les grands hommes du XXe siècle comme matière à biopic monumental. Aviator est un pur produit de ce moment. Il raconte un capitalisme visionnaire et malade avec une telle splendeur technique qu’il transforme presque le trouble obsessionnel, la solitude et la tyrannie patronale en sublime mécanique d’époque.

Le résultat reste somptueux, très bien interprété, passionnant par instants. Il donne aussi parfois l’impression que Scorsese aime un peu trop la grande machine du biopic américain pour ne pas en épouser certains réflexes. Tout y est plus grand, plus net, plus riche, plus bruyant. Même la folie a un budget de studio impeccable. Hughes devient alors moins un malade qu’un objet de prestige volant. C’est fascinant. C’est aussi légèrement trop emballé pour l’abîme qu’il prétend ouvrir.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un prototype d’avion miniature aurait été immobilisé après avoir “revendiqué l’exclusivité aérodynamique de la mégalomanie nationale”.