Critique

Big Fish

IMDb 8.0 / 10
Allociné 4.3 / 5
Rotten T. 75%
Critique
Affiche de Big Fish

Big Fish

Big Fish, en 2003, prend Ewan McGregor, Albert Finney, Jessica Lange, Billy Crudup, Helena Bonham Carter, Alison Lohman, Marion Cotillard, Steve Buscemi et demande à Tim Burton de raconter un père mythomane comme si toute sa vie avait été un livre d’images du Sud américain. Finney y est très beau, McGregor charmant, Crudup utilement fermé ; Burton, après Planet of the Apes, revient à un monde où l’excès imaginaire peut enfin redevenir une vertu. Et c’est bien là que la réserve apparaît : le film est si amoureux de la fable qu’il arrange la complexité du mensonge en très belle leçon sur l’amour filial.

2003 est aussi une année où les États-Unis vivent sous le choc de l’après-11 septembre et de l’invasion de l’Irak, dans une culture saturée de récits officiels, de storytelling et de besoin de sens. Big Fish arrive curieusement comme un contrepoint doux : au lieu du grand mensonge d’État, le petit mensonge familial réchauffant. Très beau geste. Mais le film transforme aussi la fiction du père en refuge si séduisant qu’il devient presque inconvenant de rappeler ce qu’elle peut avoir d’égoïste ou d’écrasant pour les autres.

Le résultat est touchant, souvent magnifique, très bien porté. Il a aussi quelque chose d’un peu trop réconciliant dans sa manière de dire qu’un beau récit vaut peut-être mieux qu’une vérité pauvre. C’est une idée charmante. C’est aussi une très belle manière de sanctifier le conteur en lui évitant une partie de ses dégâts. Même les blessures ici finissent par avoir une jolie bordure dorée.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un poisson géant de décor aurait été replacé en bassin après avoir “revendiqué le monopole absolu sur la fabrique héréditaire du mensonge tendre”.