Critique

Trainspotting

IMDb 8.2 / 10
Allociné 3.4 / 5
Rotten T. 91%
Critique
Affiche de Trainspotting

Trainspotting

Trainspotting, en 1996, prend Ewan McGregor, Ewen Bremner, Jonny Lee Miller, Robert Carlyle, Kevin McKidd, Kelly Macdonald et demande à Danny Boyle de transformer l’héroïne, l’amitié, le vol et l’Écosse post-industrielle en rollercoaster acide à bande-son parfaite. McGregor y est évidemment magnétique ; Carlyle, en Begbie, injecte une brutalité qui menace toujours d’arracher le film à son style ; Boyle, après Shallow Grave, comprend que la déchéance peut devenir une merveille d’énergie visuelle. C’est très fort. C’est aussi un peu trop ravi de sa propre vitesse.

1996 est aussi l’année de la Britpop triomphante, d’une Cool Britannia en construction, alors même que les ruines sociales du thatchérisme et des économies locales détruites continuent de structurer la vie réelle. Trainspotting surgit exactement là, comme un contre-récit pop à la fête nationale. Très bien. Mais la force du film tient aussi à son aptitude à transformer la toxicomanie, la misère et la fuite en expérience culturelle extraordinairement exportable. L’overdose y a un très bon DJ.

Le film reste électrisant, drôle, cruel, très inventif. Il donne aussi parfois l’impression que le style y gagne trop facilement contre la tristesse brute. Même les toilettes les plus infectes du Royaume-Uni peuvent devenir ici tunnel merveilleux de cinéma. On admire, bien sûr. On peut aussi se demander si la défonce n’a pas été légèrement trop bien emballée pour ne pas devenir, malgré toutes les bonnes intentions du monde, une superbe marchandise de rébellion filmée.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

une seringue de décor aurait été placée sous plexiglas après avoir “revendiqué l’entière paternité iconographique de la jeunesse britannique sous dopamine”.