Critique

Iron Man

IMDb 7.9 / 10
Allociné 3.4 / 5
Rotten T. 94%
Critique
Affiche de Iron Man

Iron Man

Iron Man, en 2008, prend Robert Downey Jr., Gwyneth Paltrow, Jeff Bridges, Terrence Howard, Shaun Toub et transforme un marchand d’armes narcissique en sauveur métallique avec suffisamment d’ironie pour que le spectateur oublie presque la nature exacte du commerce de départ. Downey y est formidable, bien sûr, parce qu’il est à la fois le rôle, la blague et la campagne de relance de sa propre image. Jon Favreau, après Elf et Zathura, comprend très bien qu’il doit moins filmer un super-héros qu’un charisme en train de devenir système. Il le fait à la perfection.

2008 est aussi l’année de la crise financière mondiale, de l’effondrement de certaines certitudes industrielles et d’une méfiance accrue envers les élites économiques – tout cela au moment où l’industrie du blockbuster cherche de nouveaux empires à bâtir. Iron Man surgit là, en proposant quelque chose d’étonnant : le capitalisme industriel militarisé peut être sauvé, pourvu qu’il soit repris en main par un homme drôle, repentant et infiniment cool. C’est une solution extraordinairement rassurante.

Le film reste très plaisant, remarquablement calibré, souvent brillant. Il est aussi le prototype de quelque chose de plus vaste : la rédemption du complexe militaro-technologique par la personnalité. Même quand le film parle responsabilité, il vend surtout l’idée qu’un génie propriétaire bien casté vaut toujours mieux que la structure. On rit, on aime Downey, on applaudit le casque. On peut aussi constater que le premier grand geste du MCU consiste à rendre irrésistible un vendeur d’armes qui a appris à mieux les utiliser. Joli tour de passe-passe moral.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un réacteur ARC de doublure aurait été enfermé dans un caisson après avoir “revendiqué la paternité énergétique de l’ensemble du capitalisme sympathique contemporain”.