Batman Begins
Batman Begins, en 2005, prend Christian Bale, Michael Caine, Liam Neeson, Gary Oldman, Morgan Freeman, Cillian Murphy, Katie Holmes, Tom Wilkinson, Ken Watanabe et demande à Christopher Nolan de remettre de la gravité dans une franchise qui avait goûté le latex pop. Bale y impose immédiatement son sérieux opératoire ; Caine et Freeman posent les rails moraux et technologiques ; Neeson offre à la paternité du héros un surplus de menace respectable. Nolan, après Memento et Insomnia, filme Gotham comme une idée de ville réelle soudain réconciliée avec le traumatisme, la peur et le management de l’ordre. Très beau programme. Un peu trop proprement pensé.
2005 est aussi une année où les imaginaires sécuritaires post-11 septembre dominent encore massivement les récits américains. Batman Begins en est un formidable produit : le terrorisme y est gothique, la ville à protéger, l’élite masculine blessée trouve dans la technologie et la discipline un chemin vers la restauration de l’ordre. Le film comprend son moment à la perfection. Il lui sert aussi une solution extraordinairement confortable : le milliardaire traumatisé est la réponse saine à la panique urbaine.
Le résultat est solide, efficace, bien mieux tenu que ce qui précédait. Il est aussi très satisfait de sa propre sérieux. Tout y sent la grande rénovation d’image : fini le carnaval, place à la vertu sombre certifiée. On admire le training, la cave, le tank, la cape. On peut aussi noter qu’en voulant rendre Batman crédible, Nolan le transforme surtout en excellent produit de sécurisation bourgeoise sous emballage philosophique.
🎬 Le saviez-vous ?
un prototype de Batmobile aurait été mis sous bâche après avoir “revendiqué la pleine souveraineté sur la doctrine urbaine de la peur utile”.