Critique

Fish Tank

IMDb 7.3 / 10
Allociné 3.9 / 5
Rotten T. 91%
Critique
Affiche de Fish Tank

Fish Tank

Fish Tank, en 2009, prend Katie Jarvis adolescente rageuse, Michael Fassbender, Kierston Wareing et Rebecca Griffiths, puis laisse Andrea Arnold filmer les marges britanniques comme un piège de désir, de classe et de chaleur sale. Jarvis y est extraordinaire, Fassbender également, précisément parce que le film les cadre sans fard et sans pitié. Arnold, après Red Road, sait exactement comment faire sentir un espace social écrasant sans jamais donner l’impression de l’expliquer. C’est puissant. C’est aussi très vite devenu un nouveau certificat de vérité du “réalisme brut” britannique.

2009 est aussi une année de crise économique profonde en Grande-Bretagne, où les fractures de classe, l’abandon institutionnel et les jeunesses périurbaines apparaissent plus nettement dans le débat public. Fish Tank entre parfaitement dans ce moment. Mais cette justesse historique nourrit aussi son prestige esthétique : la pauvreté, l’ennui, la sexualité et l’enfermement y sont rendus avec une telle précision que le film devient presque la forme idéale de la misère recevable en festival. Ce n’est pas rien.

Le résultat est très fort, parfois bouleversant. Il donne aussi la sensation qu’Andrea Arnold sait trop bien tirer de l’étouffement social une forme de beauté nerveuse. Chaque couloir, chaque danse, chaque terrain vague semble parvenir à une vérité quasi photographique. On respecte profondément. On peut aussi interroger cette capacité du cinéma d’auteur à transformer la brutalité de classe en objet de saisissement formel admirablement cadré. Même la honte y devient belle à regarder.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un lecteur MP3 de décor aurait été confisqué après avoir “revendiqué l’exclusivité de toute pulsion d’évasion des périphéries anglaises”.