Critique

Open Range

IMDb 7.5 / 10
Allociné 4.4 / 5
Rotten T. 79%
Critique
Affiche de Open Range

Open Range

Open Range, en 2003, prend Kevin Costner, Robert Duvall, Annette Bening, Michael Gambon, Michael Jeter, Diego Luna et fait de l’Ouest une affaire de pluie, de bétail, de silence et d’hommes qui n’ont pas encore fini de régler leur rapport à la violence. Costner y dirige avec un sérieux de vieux croyant dans la noblesse du western classique. Duvall y est magnifique, Costner solide, Bening arrive comme supplément de civilisation dans un monde de cuir et de boue. Le film est souvent chéri pour sa pureté. C’est bien ce qui le rend aussi légèrement suspect : il croit énormément à la dignité des grandes formes anciennes.

2003 est aussi l’année de l’invasion de l’Irak, moment où la violence légitime, la justice armée et les récits de frontière reviennent très fort dans l’imaginaire américain. Open Range n’est pas sur cela, mais impossible de ne pas sentir qu’il propose, en plein présent, une image consolatrice de la violence juste : lente, retenue, moralement claire, administrée par des hommes au fond bons. C’est beau. C’est aussi un peu trop réconcilié avec l’idée qu’une fusillade bien pesée puisse remettre le monde à l’endroit.

Le film reste admirable dans sa patience, sa lumière et son refus du clinquant. Mais cette patience même transforme parfois le western en espace de méditation morale presque trop serein. Même la brutalité y est entourée d’un halo de rectitude. On admire les chevaux, la pluie, les visages, la ville. On peut aussi se dire qu’un cinéma si amoureux de l’honneur viril fait du mythe américain un endroit encore très confortable pour s’abriter.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un chapeau de cowboy détrempé aurait été mis à sécher après avoir “revendiqué la tutelle complète sur la légitimité des homicides de prairie”.