Critique

Philomena

IMDb 7.6 / 10
Allociné 3.8 / 5
Rotten T. 90%
Critique
Affiche de Philomena

Philomena

Philomena, en 2013, prend Judi Dench, Steve Coogan, Michelle Fairley, Barbara Jefford et transforme une enquête tardive sur un fils arraché par l’Irlande catholique en road movie de douleur polie. Dench y est admirable, évidemment, avec cette capacité à tout faire passer sans hausser la voix ; Coogan, qui coécrit, s’offre le rôle du sceptique moderne bien placé pour être corrigé par la grâce populaire. Stephen Frears, après The Queen, retrouve un terrain qu’il affectionne : le récit vrai rendu impeccablement recevable. Tout est très juste. Peut-être trop juste.

2013 est aussi une année où les révélations sur les institutions religieuses, les scandales d’adoption forcée et la mémoire des violences infligées aux femmes en Irlande occupent un espace de plus en plus important. Philomena s’inscrit dans ce travail de mémoire avec une efficacité remarquable. Mais cette efficacité passe aussi par une très belle domestication émotionnelle : le scandale est réel, massif, brutal, et le film l’arrange en duel harmonieux entre ironie journalistique et bonté blessée. Le spectateur souffre à bonne température.

Le film est fort, très bien joué, profondément humain. Il a aussi quelque chose d’un peu trop rassurant dans sa manière de rendre la réparation imaginable par la conversation, le déplacement, la modestie et quelques révélations bien distribuées. Même l’indignation y porte cardigan. On admire Dench, on sourit à Coogan, on se sent du bon côté de l’Histoire. C’est précisément ce confort qui gêne un peu : le film transforme une violence institutionnelle immense en machine à compassion supérieure merveilleusement calibrée.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

une tasse de thé de plateau aurait été retirée après avoir “revendiqué l’entière régulation émotionnelle du scandale catholique irlandais”.