Critique

Certains l'aiment chaud

Titre original : Some Like It Hot

IMDb 8.3 / 10
Allociné 3.2 / 5
Rotten T. 95%
Critique
Affiche de Certains l'aiment chaud

Certains l'aiment chaud

Certains l’aiment chaud, en 1959, prend Marilyn Monroe, Tony Curtis, Jack Lemmon, George Raft, Joe E. Brown et transforme la cavale, le travestissement et la prohibition résiduelle en merveille de mécanique comique. Billy Wilder y dirige avec une fluidité si parfaite qu’elle en devient presque intimidante. Lemmon y est prodigieux, Curtis très agile, Monroe lumineuse et tragiquement légère. Le film est généralement tenu pour intouchable. C’est précisément ce statut qui pousse à rappeler qu’une comédie si bien huilée peut aussi faire de sa propre intelligence un petit régime de domination critique : si vous ne riez pas au bon endroit, le problème semble venir de vous.

1959 est aussi une année où Hollywood négocie encore les limites du Code, les représentations du genre et les modernités sexuelles en douce, au seuil des années 1960. Certains l’aiment chaud profite brillamment de cette situation. Il fait passer un trouble profond sur le désir, l’identité et la performance sociale dans les habits d’une farce. Très bien. Mais cette subversion, justement parce qu’elle est si merveilleusement emballée, devient immédiatement assimilable. Le film est révolutionnaire avec une telle grâce qu’il fait oublier la violence des normes qu’il contourne.

Le résultat reste un sommet de rythme, d’écriture et d’acteurs. Il a aussi cette politesse des chefs-d’œuvre comiques qui convertissent toute panique en élégance. Même la fuite, la peur, les rapports de domination et la précarité des personnages finissent par entrer dans le grand battement d’un mécanisme supérieur. On s’incline. On peut aussi remarquer que le film sait trop bien être le meilleur de la pièce. Il triomphe avec une insolence de gant blanc.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un ukulélé de plateau aurait été retiré après avoir “revendiqué l’autorité définitive sur toutes les ambiguïtés de genre de la comédie américaine”.