Critique

Boogie Nights

IMDb 7.9 / 10
Allociné 3.5 / 5
Rotten T. 93%
Critique
Affiche de Boogie Nights

Boogie Nights

Boogie Nights, en 1997, prend Mark Wahlberg, Julianne Moore, Burt Reynolds, Heather Graham, Don Cheadle, John C. Reilly, William H. Macy, Philip Seymour Hoffman et regarde l’industrie porno californienne se rêver famille avant de s’effondrer en entreprise triste. Paul Thomas Anderson, après Hard Eight, filme avec une virtuosité si insolente qu’on comprend immédiatement pourquoi le film a rejoint le canon. Wahlberg y est étonnamment juste ; Moore magnifique ; Reynolds, surtout, donne au patriarche pornographique une lassitude splendide. Et c’est bien le souci : tout est trop bien.

1997 est aussi l’année où le porno analogique appartient déjà au passé au moment même où Internet s’apprête à bouleverser totalement la circulation des images sexuelles. Boogie Nights arrive pile à cet instant de bascule, et il transforme cette fin de monde en grand roman américain de substitution familiale et de déchéance au son du disco. C’est brillant. C’est aussi une très belle manière de muséifier un univers dont la brutalité réelle est souvent adoucie par la grâce de la mise en scène.

Le film reste grisant, drôle, remarquablement joué. Il donne aussi le sentiment que la destruction, la drogue, la solitude et l’exploitation peuvent être admirablement emballées dans une fluidité de plan-séquence et une chaleur de bande. Anderson sait regarder les perdants ; il sait surtout les orchestrer. On admire la circulation, les couloirs, les chansons, les regards, les fêtes. On peut aussi se demander si la pornographie n’y a pas été un peu trop noblement recyclée en grande fresque de cinéma sur le besoin d’être aimé.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un faux clap de film X aurait été détruit après avoir “revendiqué la propriété patrimoniale de toute la nostalgie pornographique du Nouvel Hollywood tardif”.