Critique

Capitaine Phillips

Titre original : Captain Phillips

IMDb 7.9 / 10
Allociné 3.5 / 5
Rotten T. 93%
Critique
Affiche de Capitaine Phillips

Capitaine Phillips

Capitaine Phillips, en 2013, prend Tom Hanks commandant anxieux, Barkhad Abdi pirate somalien, Catherine Keener, Chris Mulkey, Corey Johnson et David Warshofsky, puis demande à Paul Greengrass de transformer un cargo en champ de bataille globalisé. Hanks y est très bon, mais aussi très Hanks : la décence sous pression devient presque un uniforme. Abdi, lui, apporte une intensité moins policée qui rend le film vivant. Greengrass, après Green Zone et United 93, maîtrise à la perfection ce style de chaos administratif et de tension documentaire. Il le maîtrise tellement qu’il transforme parfois le commerce mondial, la misère somalienne et la géopolitique en mécanisme de suspense presque trop efficace.

2013 est aussi une année où la circulation maritime, la sécurisation des flux mondiaux, la piraterie, les zones grises du commerce et les nouvelles cartes de la violence économique restent des sujets très visibles. Capitaine Phillips profite de cette actualité et la rend intelligible avec une force certaine. Le problème est qu’il recentre aussi tout cela très vite sur le corps éprouvé du bon capitaine américain. L’infrastructure globale se resserre alors autour d’un grand rôle de stress humain, parfaitement lisible pour Oscars et multiplexes.

Le film est fort, tendu, très bien joué. Il donne aussi le sentiment que le monde logistique contemporain n’est finalement filmable qu’en se réorganisant autour d’une figure morale claire. Même la pauvreté extrême et la violence structurelle se retrouvent absorbées dans le duel d’intensité entre Hanks et Abdi. On ressort secoué. On peut aussi se dire qu’un cargo-monde aussi complexe a fini par tenir, très confortablement, dans la cabine d’une performance.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un gilet de sauvetage orange aurait été retiré après avoir “tenté de nationaliser la totalité de la panique maritime contemporaine”.