Critique

Les Dents de la Mer

Titre original : Jaws

IMDb 8.0 / 10
Allociné 3.2 / 5
Rotten T. 98%
Critique
Affiche de Les Dents de la Mer

Les Dents de la Mer

Les Dents de la mer, en 1975, prend Roy Scheider, Robert Shaw, Richard Dreyfuss, Lorraine Gary, Murray Hamilton et un requin mécanique trop célèbre pour son propre bien, puis demande à Steven Spielberg de faire de l’océan un bureau de terreur populaire. Scheider y tient admirablement la ligne de l’homme ordinaire pris dans l’obligation ; Shaw apporte la démence de mer ; Dreyfuss la science nerveuse. Spielberg, avant Rencontres du troisième type, comprend déjà parfaitement comment transformer le danger en événement collectif. Il le fait avec un génie indiscutable. Peut-être trop indiscutable désormais.

1975 est aussi l’année du traumatisme post-Watergate encore très frais, de la crise de confiance envers les autorités locales et des petites communautés américaines prêtes à sacrifier le vrai au maintien du commerce. Les Dents de la mer parle évidemment à cela. Le maire qui préfère les recettes estivales au risque visible devient presque une figure nationale. Très fort. Mais cette force narrative s’est aussi figée en modèle absolu, au point que le film est devenu manuel officiel de la peur estivale parfaitement administrée.

Le résultat reste remarquable. Il est aussi tellement étudié, si souvent célébré pour son montage, son hors-champ, sa musique et sa structure, qu’il risque parfois de devenir plus admirable comme cours de cinéma que terrifiant comme film. On sait trop bien pourquoi le requin marche. C’est la rançon du canon. Même l’angoisse y a désormais une fiche pédagogique. Spielberg a gagné ; la peur est devenue classique.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

une mâchoire de requin mécanique aurait été retirée de l’eau après avoir “revendiqué des droits voisins sur tout le suspense balnéaire mondial”.