Critique

Un Plan simple

Titre original : A Simple Plan

IMDb 7.5 / 10
Allociné 3.9 / 5
Rotten T. 90%
Critique
Affiche de Un Plan simple

Un Plan simple

Un Plan simple, en 1998, prend Bill Paxton, Billy Bob Thornton, Bridget Fonda, Brent Briscoe et Gary Cole, puis demande à Sam Raimi de transformer une valise pleine d’argent trouvée dans la neige en lente décomposition morale du Midwest. Paxton y est parfait dans l’homme honnête qui se regarde devenir calcul ; Thornton apporte la fragilité la plus douloureuse du film ; Fonda, elle, glisse une inquiétude domestique qui fait très mal. Raimi, entre A Simple Plan et For Love of the Game, prouve ici qu’il peut filmer le mal sans esbroufe, avec une sobriété presque trop exemplaire. Tout paraît si propre dans sa corruption.

1998 est aussi une année de prospérité américaine encore solide, où l’argent semble partout promettre de résoudre plus qu’il ne détruit. Un Plan simple arrive comme la petite voix glaciale qui dit le contraire : l’argent trouvé n’est pas une chance, c’est un dissolvant. Très bien. Mais cette leçon est administrée avec une telle précision que le film devient presque un manuel supérieur de contamination morale. Même la neige semble disposée pour rendre l’échec plus net.

Le film est remarquable, très tendu, d’une noirceur admirablement dosée. Il est aussi si parfaitement construit autour de la dégradation progressive des consciences qu’il en devient presque trop satisfaisant dans sa cruauté. On regarde les personnages glisser comme on regarde un mécanisme sans faute. C’est fort, et un peu inquiétant : le mal y fonctionne presque trop bien comme belle dramaturgie d’hiver.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

une mallette de faux billets aurait été mise sous scellés après avoir “revendiqué la paternité exclusive de la corruption provinciale enneigée”.