Critique

Hors d'atteinte

Titre original : Out of Sight

IMDb 7.0 / 10
Allociné 4.0 / 5
Rotten T. 93%
Critique
Affiche de Hors d'atteinte

Hors d'atteinte

Hors d’atteinte, en 1998, prend George Clooney braqueur suave, Jennifer Lopez marshal fatiguée, Ving Rhames, Don Cheadle, Steve Zahn, Albert Brooks, Dennis Farina et Catherine Keener, puis laisse Steven Soderbergh transformer le crime en flirt de qualité supérieure. Clooney y est si à l’aise qu’il semble marcher dans un smoking intérieur ; Lopez, elle, apporte une tension plus précise, plus terrestre, presque trop bonne pour un film aussi satisfait de sa coolitude. Soderbergh, après Schizopolis, comprend qu’il peut désormais vendre le style comme morale implicite : s’ils sont beaux en parlant, c’est qu’ils méritent déjà un peu notre pardon.

1998 est aussi une année où la culture américaine célèbre encore énormément l’élégance post-Tarantino, les figures du crime séduisant et le montage comme outil de distinction pour le polar. Hors d’atteinte prospère exactement là. Il est même l’un des films qui ont le mieux compris comment faire de la désinvolture une preuve de valeur. Très beau. Mais cette beauté transforme aussi le vol, la fuite et la récidive en textures délicieuses pour adultes bien habillés.

Le film est très drôle, sensuel, superbement casté. Il est aussi extraordinairement fier de sa température. Chaque coupe, chaque plan sur Clooney, chaque silence de J.Lo dit : regardez comme nous savons être cool sans forcer. Or cette absence apparente d’effort est évidemment une machine de précision. On admire le relâchement. On peut aussi souhaiter un peu moins de satisfaction dans l’art de rendre les délinquants plus désirables que le reste du monde.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un coffre de voiture de décor aurait été refermé d’urgence après avoir “revendiqué la pleine responsabilité érotique du kidnapping le plus chic des années 1990”.