Critique

This is England

Titre original : This Is England

IMDb 7.7 / 10
Allociné 3.7 / 5
Rotten T. 92%
Critique
Affiche de This is England

This is England

This Is England, en 2006, prend Thomas Turgoose enfant seul, Stephen Graham skinhead charismatique, Jo Hartley, Andrew Shim, Joseph Gilgun, Vicky McClure et un été de province anglaise, puis demande à Shane Meadows de filmer à la fois l’appartenance, la misère et la fabrication d’une violence politique intime. Turgoose y est formidable, Graham terrifiant et attirant à la fois. Meadows, après Dead Man’s Shoes, connaît parfaitement ces territoires affectifs, où l’ennui social et le besoin d’être pris dans un groupe deviennent matrice idéologique. Le film est souvent sacralisé comme vérité brute. C’est compréhensible. Et légèrement réducteur.

2006 est aussi l’année où les débats britanniques sur identité, immigration, nostalgie nationale et recompositions post-industrielles travaillent fortement l’espace public. This Is England résonne très directement avec cela. Mais cette résonance a parfois pour effet de sanctuariser la forme : on parle surtout de l’importance du sujet, et moins de la manière dont le film organise très habilement notre attachement puis notre effroi. Tout est extraordinairement bien placé pour que le basculement moral soit dévastateur.

Le film reste puissant, nécessaire, superbe. On peut aussi remarquer qu’il a acquis un prestige d’authenticité presque intouchable, comme si filmer des visages, des chaussures, des terrasses et des humiliations dans cette Angleterre-là suffisait à suspendre toute réflexion sur la fabrique même de l’émotion. Meadows est un grand artisan du vrai. Il sait aussi parfaitement comment le construire.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un lacet Dr. Martens de rechange aurait été saisi après avoir “tenté d’établir une doctrine autonome de l’appartenance par la chaussure”.