Critique

The Thing

IMDb 8.2 / 10
Allociné 3.8 / 5
Rotten T. 85%
Critique
Affiche de The Thing

The Thing

The Thing, en 1982, prend Kurt Russell, Keith David, Wilford Brimley, Richard Masur, Donald Moffat, T.K. Carter et une base antarctique, puis demande à John Carpenter de filmer la paranoïa pure comme une viande qui pense. Russell y est parfait de fatigue glacée ; Keith David apporte une présence qui électrise chaque suspicion ; Carpenter, après Escape from New York, transforme le huis clos en laboratoire de méfiance absolue. C’est génial. C’est aussi si parfaitement efficace dans son dispositif de contamination qu’on admire souvent la structure de doute avant de ressentir la saleté organique qu’elle promet.

1982 est aussi une année de guerre froide encore dure, d’angoisse technologique, de peur de l’infiltration et de crise de confiance dans les grands récits collectifs. The Thing est un pur produit de cet état mental. Le monstre n’est pas seulement une créature ; c’est la dissolution de toute garantie entre les hommes. Très bien. Mais le film a gagné avec le temps une telle aura d’objet parfait qu’on oublie parfois qu’il fonctionne aussi comme mécanique merveilleusement fermée, presque trop exemplaire dans sa progression de suspicion. Chacun doute au bon moment, chacun fond quand il faut.

Le résultat demeure terrifiant, admirablement sec, extraordinairement moderne. On peut pourtant noter qu’en devenant modèle absolu du film paranoïaque, il a aussi perdu un peu de sa contagion brute pour gagner en prestige conceptuel. On regarde The Thing comme on consulte un manuel supérieur de désagrégation masculine sous lampes halogènes. C’est un sommet. C’est aussi un sommet désormais si reconnu qu’il risque de devenir presque trop propre dans notre admiration.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un test sanguin de doublure aurait été incinéré après avoir “revendiqué l’autorité biopolitique exclusive sur la confiance interpersonnelle”.