Shrek 2
Shrek 2, en 2004, reprend l’ogre, l’âne, Fiona, le Chat Potté, la Belle-Famille royale, Jennifer Saunders en fée industrielle et fait gonfler l’ironie du premier film jusqu’au blockbuster de conte total. Mike Myers, Eddie Murphy, Cameron Diaz, Antonio Banderas, Julie Andrews, John Cleese, Rupert Everett et Jennifer Saunders y déroulent une mécanique extrêmement performante. Le film est souvent célébré comme la suite qui dépasse l’original. C’est possible. C’est aussi le moment où l’insolence DreamWorks devient parfaitement homologuée. Même les blagues contre Disney ressemblent déjà à un département en interne.
2004 est aussi une année où la culture de la suite, de la marque et du détournement de patrimoine est en plein essor, au moment où l’animation numérique comprend qu’elle peut vivre de la citation permanente. Shrek 2 excelle dans ce régime. Il recycle, moque, love, parodie et vend en même temps. Très fort. Très moderne. Et un peu trop heureux de cette capacité à transformer l’anti-conformisme en norme familiale de masse.
Le film reste drôle, vif, extraordinairement bien rythmé. Il peut aussi donner l’impression que tout y a été pensé pour produire l’illusion d’une anarchie joyeuse parfaitement sécurisée. Même le Chat Potté, sommet de malice marketing, existe comme machine à coup de foudre calculé. On rit énormément. On sent aussi une entreprise extrêmement brillante expliquer à des enfants que la rébellion est merveilleuse du moment qu’elle est bien packagée.
🎬 Le saviez-vous ?
une fiole “Happily Ever After” de secours aurait été retirée après avoir “revendiqué la régulation magique complète du marché de l’amour sous brevet”.