Critique

Scarface

IMDb 8.3 / 10
Allociné 3.9 / 5
Rotten T. 82%
Critique
Affiche de Scarface

Scarface

Scarface, en 1983, prend Al Pacino, Michelle Pfeiffer, Steven Bauer, Robert Loggia, Miriam Colón, F. Murray Abraham et transforme l’ascension d’un réfugié cubain à Miami en opéra de coke, de marbre et de mauvais goût impérial. Brian De Palma y filme tout avec une gourmandise telle qu’il devient impossible de séparer totalement la critique du capitalisme criminel de la jubilation qu’il y prend. Pacino est énorme, bien sûr, et le film l’adore pour cela ; Pfeiffer apporte une beauté exsangue qui évite parfois la simple hystérie ; De Palma, après Blow Out, retrouve ici sa grande tentation : faire du vulgaire un monument de style.

1983 est aussi l’année où la guerre contre la drogue s’intensifie symboliquement sous Reagan, tandis que Miami s’impose comme vitrine de la finance, du tourisme, des flux et des nouveaux fantasmes de réussite brutale. Scarface arrive dans cette ambiance et la condense magnifiquement. Le problème est qu’en dénonçant l’avidité, il lui donne aussi une iconographie tellement irrésistible qu’elle survivra comme poster de chambre d’ado ambitieux. On ne fait pas beaucoup mieux comme critique transformée en marque.

Le film reste puissant, drôle, excessif, inoubliable. Il est aussi tellement ivre de son propre trop-plein qu’il transforme la décadence en style absolu. Même les montagnes de poudre y ont meilleure mine que la moitié des héros américains du moment. On admire De Palma d’avoir tout poussé jusqu’à l’obscénité. On peut aussi noter qu’il a fabriqué, avec le meilleur sens critique du monde peut-être, l’une des plus rentables mythologies de brute triomphante jamais exportées.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

une montagne de cocaïne factice aurait été placée sous bâche après avoir “tenté de se déclarer véritable auteure du rêve américain”.