Requiem for a Dream
Requiem for a Dream, en 2000, prend Ellen Burstyn, Jared Leto, Jennifer Connelly, Marlon Wayans et Christopher McDonald, puis demande à Darren Aronofsky de filmer l’addiction comme un clip d’enfer en accélération continue. Burstyn y est immense, bien plus troublante que la plupart des effets qui l’entourent ; Connelly et Wayans servent un système qui aime beaucoup montrer sa propre capacité à heurter. Aronofsky, après Pi, a compris une chose très tôt : il peut faire de la souffrance une machine formelle d’une intensité presque irrésistible. Et c’est exactement ce qui rend le film admirable autant que légèrement suspect.
2000 est aussi une année de saturation médiatique croissante, de télévision invasive, de promesses chimiques, de culte de l’apparence et de vitesse dans la consommation des images. Requiem for a Dream ne parle pas seulement de drogue, mais d’un régime général d’absorption et de chute. C’est très fort. Mais Aronofsky rend tout cela si frénétiquement brillant qu’il transforme l’abjection en grand manège sensoriel. Même la destruction y a de très bons raccords.
Le film marque, sans discussion. Il marque aussi parce qu’il assène avec une virtuosité quasi publicitaire l’idée que le malheur doit être ressenti en montage agressif pour être cru. Chaque pupille, chaque seringue, chaque frigo, chaque cri vient confirmer que l’on assiste à une œuvre de choc. Très bien. Mais à force d’être si déterminé à vous écraser, le film finit parfois par ressembler à une campagne de prévention conçue par un génie du stylisme horrifié.
🎬 Le saviez-vous ?
un réfrigérateur de décor aurait été débranché après avoir “revendiqué l’entière paternité du cauchemar consumériste américain”.