Critique

La Ligne rouge

Titre original : The Thin Red Line

IMDb 7.6 / 10
Allociné 4.4 / 5
Rotten T. 80%
Critique
Affiche de La Ligne rouge

La Ligne rouge

La Ligne rouge, en 1998, prend Sean Penn, Jim Caviezel, Nick Nolte, Elias Koteas, Ben Chaplin, Adrien Brody, George Clooney, John Cusack et John C. Reilly, puis demande à Terrence Malick de transformer Guadalcanal en grande prière végétale sur la guerre, la mort et les herbes hautes. Le problème est déjà là : Malick sait trop bien filmer le vent. Caviezel y flotte comme une âme avant même de devenir un personnage ; Nolte apporte l’hystérie nécessaire ; le reste du casting ressemble parfois à une procession de visages venus prendre leur bain métaphysique. Après vingt ans de silence, Malick revient avec une telle intensité contemplative que la guerre finit presque par servir d’alibi au bruissement des feuilles.

1998 est aussi l’année des débats très visibles sur les interventions militaires occidentales, notamment après la guerre du Kosovo en préparation et un climat de relecture des conflits du XXe siècle à la fin du millénaire. La Ligne rouge entre là avec un geste très singulier : non pas expliquer la guerre, mais la noyer dans une conscience cosmique. Très beau. Très noble. Et peut-être un peu trop supérieur à sa propre matière. À force de vouloir atteindre l’universel, le film transforme parfois la boue, le sang et la hiérarchie militaire en accessoires du sublime.

Le résultat est splendide, évidemment. Mais cette splendeur a quelque chose d’écrasant. Chaque voix intérieure semble venue rappeler que l’homme, la nature, le mal, la grâce et les oiseaux migrateurs appartiennent au même grand poème. On admire énormément. On peut aussi finir par se demander si la guerre n’a pas été ici transformée en retraite spirituelle de luxe pour images de festival.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

une touffe d’herbe tropicale aurait été retirée du plateau après avoir “revendiqué la totalité de la conscience panthéiste du conflit”.