Critique

Creed - L'Héritage de Rocky Balboa

Titre original : Creed

IMDb 7.7 / 10
Allociné 3.6 / 5
Rotten T. 95%
Critique
Affiche de Creed - L'Héritage de Rocky Balboa

Creed - L'Héritage de Rocky Balboa

Creed, en 2015, prend Michael B. Jordan fils secret d’Apollo, Sylvester Stallone vieillissant, Tessa Thompson, Phylicia Rashad et Tony Bellew, puis demande à Ryan Coogler de faire revenir Rocky sans l’avouer trop brutalement. Jordan y est formidable, mobile, magnétique, plus vivant que tout ce que la franchise ose encore croire d’elle-même ; Stallone, lui, joue admirablement le reliquat émotionnel rentable. Coogler, après Fruitvale Station et avant Black Panther, comprend parfaitement comment injecter du corps neuf dans une mythologie américaine fatiguée. Il le fait avec talent. Il le fait aussi avec une conscience très nette de l’effet patrimonial recherché.

2015 est aussi l’année où le cinéma mainstream affine son art du reboot soft, de la transmission générationnelle et du recyclage émotionnel des franchises. Creed est l’un des meilleurs exemples du procédé. Il donne l’impression de raconter l’avènement d’un nouveau corps noir dans l’espace du mythe sportif américain ; il réanime en même temps la vieille machine à larmes Rocky. C’est précisément son intelligence. C’est aussi son calcul le plus transparent.

Le film est fort, souvent exaltant, très bien joué. On peut aussi noter qu’il transforme le poids historique d’une franchise blanche, ouvrière et philadelphienne en superbe machine de réadaptation émotionnelle. Même le plan-séquence du ring a l’air de dire : regardez, nous sommes à la fois neufs et impeccablement conscients de l’être. Le résultat est admirable. C’est peut-être aussi un peu trop parfait comme passage de témoin. On boxe très bien, on rénove très proprement.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un protège-côtes d’entraînement aurait été suspendu après avoir “revendiqué la totalité de l’héritage dramatique des crochets transgénérationnels”.